La RE2020 (Réglementation Environnementale 2020) a remplacé la RT2012 pour les bâtiments neufs et change la donne pour les bureaux d'études : elle ne se contente plus de mesurer la performance énergétique, elle intègre l'empreinte carbone sur tout le cycle de vie du bâtiment. Tour d'horizon de ce qu'un BE doit absolument maîtriser pour sécuriser ses études.
1. Les trois objectifs de la RE2020
La réglementation poursuit trois ambitions, qui se traduisent par des familles d'indicateurs distinctes :
- Sobriété énergétique et décarbonation de l'énergie : réduire les besoins et privilégier les énergies bas-carbone.
- Réduction de l'impact carbone de la construction : prendre en compte les émissions des matériaux et des équipements, pas seulement de l'exploitation.
- Confort en cas de forte chaleur : garantir un bâtiment vivable l'été, dans un contexte de réchauffement climatique.
2. Les indicateurs clés à connaître
Concrètement, l'étude réglementaire repose sur plusieurs indicateurs que le BE doit savoir calculer et interpréter :
- Bbio — le besoin bioclimatique, qui mesure la qualité de conception du bâti indépendamment des systèmes.
- Cep et Cep,nr — la consommation d'énergie primaire, totale et non renouvelable.
- Ic énergie et Ic construction — les indicateurs d'impact carbone sur le cycle de vie, calculés via l'analyse de cycle de vie (ACV).
- DH (degrés-heures) — l'indicateur de confort d'été, qui quantifie l'inconfort thermique.
L'analyse de cycle de vie est le saut conceptuel majeur de la RE2020. Elle impose au BE de raisonner sur l'impact carbone des matériaux et équipements, ce qui suppose de maîtriser les données environnementales (FDES, PEP) et une méthode de calcul nouvelle.
3. Des seuils qui se durcissent dans le temps
La RE2020 fonctionne par jalons progressifs : les seuils, notamment carbone, se renforcent par étapes successives. Un bureau d'études doit donc non seulement connaître les exigences actuelles, mais aussi anticiper leur durcissement pour ne pas concevoir des bâtiments qui seraient à la limite de la conformité. Cette trajectoire pousse structurellement vers les matériaux biosourcés et les énergies décarbonées.
Concevoir « juste conforme » aujourd'hui, c'est risquer l'obsolescence demain. La RE2020 récompense l'anticipation.
4. Ce que ça change dans la pratique du BE
Au-delà du calcul réglementaire, la RE2020 modifie la façon de travailler :
- Le BE thermique doit intégrer la dimension carbone très en amont, dès l'esquisse, car les choix structurels et de matériaux pèsent lourd.
- La collaboration entre lots (structure, enveloppe, fluides) devient essentielle : l'ACV agrège des données de toutes les disciplines — un argument de plus pour le travail en maquette BIM.
- La maîtrise des outils de calcul réglementaire et des bases de données environnementales devient une compétence à part entière.
5. Sécuriser la conformité par la compétence
La conformité RE2020 ne se sous-traite pas entièrement : elle doit irriguer la culture du bureau d'études. Cela suppose de former les équipes aux indicateurs, à la méthode ACV et à la lecture des seuils, mais aussi d'ancrer une démarche qualité pour fiabiliser les livrables. C'est l'un des axes de notre formation pilotage de projet & conformité, qui traite la RE2020 aux côtés des Eurocodes et de la démarche qualité.
En résumé
La RE2020 fait entrer le carbone et le confort d'été au cœur de la conception, avec des indicateurs nouveaux (ACV, DH) et des seuils qui se durcissent. Pour un bureau d'études, la maîtriser n'est pas une option : c'est la condition pour livrer des études conformes et pérennes. La meilleure assurance reste la montée en compétences des équipes — découvrez notre formation pilotage & conformité.